Pour toutes ces rencontres, je veux dire merci.

A l’issue de ces six années comme Directeur du premier cycle aux Facultés Loyola Paris, scrutant le rétroviseur, je vois d’abord des visages : visages rayonnants d’étudiants me partageant une découverte qui les bouleverse et les renouvelle dans leur élan missionnaire ; visages passionnés d’enseignants ou d’étudiants lancés en pleine disputatio ; visage soucieux d’un supérieur de communauté dont un membre est malade… Pour toutes ces rencontres, graves ou joyeuses, je veux d’abord dire merci.
Et avant d’en venir aux évolutions majeures de ces années, c’est encore ce quotidien qui me revient : avec Geneviève COMEAU, directrice adjointe du premier cycle, et Marie-Alix de la Taille au secrétariat, je revois ces jours passés à confectionner les cycles d’études – intégré, philosophie, théologie –, à adapter le cursus des étudiants à temps partiel ou arrivant avec une partie de leurs études faites, comme ceux du cycle Croire et Comprendre, à accompagner chacun des 135 étudiants, laïcs et religieux, jésuites et d’autres congrégations, venant des quatre coins de la planète ; c’est un travail intense, c’est aussi un poste d’observation privilégié des évolutions de ces années.
Parmi ces évolutions, j’en note trois. La première concerne la collaboration dans la mission. A mon arrivée dans le Conseil de direction des Facultés Loyola, nous étions tous jésuites. Aujourd’hui, nous sommes quasiment à parité, jésuites et laïcs, ce qui a aussi supposé un changement dans nos manières de travailler. Nous sommes passés d’un fonctionnement typiquement jésuite de « consulte » – le recteur nous écoutait débattre puis prenait sa décision – à un autre plus collaboratif dans l’élaboration et le suivi des projets. Par ailleurs, les équipes se sont professionnalisé : secrétariat, communication, pédagogie numérique…, impliquant là aussi un autre type de collaboration. Cela nous a permis de gagner en efficacité, sans pour autant perdre l’esprit de famille qui caractérise l’institution.
D’autres nouveautés tiennent à l’évolution technologique : les photocopies ont disparu au profit d’un espace en ligne, Moodle ; les écrits passent désormais par le logiciel Compilatio qui contrôle le plagiat et l’usage de l’IA ; avec la Covid, sont apparues de propositions en lignes : SPOC, MOOC, cours hybrides… Nous avons adapté notre pédagogie pour intégrer ces outils tout en maintenant, au cœur de notre formation, la lecture, l’écriture et la conversation. Ce maintien est passé par l’introduction d’un oral dans l’évaluation des travaux écrits, l’insistance sur la Disputatio, la création d’ateliers de lecture et d’écriture…
Une troisième évolution est liée au rapport de la CIASE. Suivant ses recommandations, nous avons créé une cellule d’écoute, introduit deux cours de psychologie et un cours d’éthique sexuelle dans les cursus canoniques, réfléchi au rapport entre psychologie et spiritualité, renouvelé la réflexion sur le pardon, mis les relations hommes-femmes au centre de notre attention. Ces changements ont largement contribué à nous permettre de traverser des crises et d’en sortir plus unis.
Je termine en souhaitant à mon successeur, Grégoire CATTA, d’aussi intenses et belles années !
Guilhem CAUSSE
Directeur du 1er cycle