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Nous vivons l’heure des prédateurs

Les règles du vivre ensemble se défont sans bruit. Certains dirigeants politiques et chefs d’entreprise, en démocratie comme dans les régimes autoritaires, s’affranchissent des règles communes patiemment construites, et l’accoutumance fait le reste. Nous vivons, pour une part, l’heure des prédateurs. Le milieu dans lequel nous vivons, pensons et délibérons se reconfigure à une vitesse excédant toute régulation démocratique. La coercition n’a plus besoin d’être frontale pour être efficace.

L’Évangile ne répond pas à la puissance par un discours sur la puissance. Il commence par des gestes concrets : un repas avec les exclus, une main tendue vers celui qu’on évite, une conversation avec l’étrangère au bord du puits. Chaque fois, le lien précède le discours. Chaque fois, il dérange un ordre. C’est cette intuition que le pape Léon XIV porte avec constance, dans son souci inlassable de la paix et du vivre ensemble.

Que signifient, concrètement, des liens qui libèrent ? Cette question sera très probablement au cœur de l’encyclique anthropologique que le pape Léon XIV prépare, au moment même où bien des liens asservissent. Parmi les propositions de mai prochain, plusieurs font droit à cette question : une journée sur le politique et le religieux le 7 mai, une journée sur le partage de l’espace avec les non-humains, « Cohabiter avec les animaux », le 30 mai. Autant de façons, aux Facultés Loyola Paris, de prendre au sérieux ce à quoi nous obligent les liens.

Eric CHARMETANT
Doyen de la Faculté de philosophie

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