Approches croisées – Possession, transe et identité dans les traditions bibliques et chinoises

Possession et transe dans le judaïsme – Julien Darmon
Ces deux termes, d’usage courant dans l’anthropologie religieuse, n’ont pas d’équivalents simples dans le judaïsme. Mon intervention portera d’abord sur la manière dont est conceptualisée, à partir du XVIe siècle, la notion de dibbouk, c’est-à-dire quand l’âme d’un défunt « prend en otage » un proche vivant afin de négocier sa purification post-mortem que les anges gardiens de la géhenne lui dénient, avec l’étude d’un cas d’exorcisme contemporain, le dibbouk de Dimona (1999), pour lequel nous disposons d’un enregistrement vidéo. Nous nous pencherons ensuite sur des méthodes juives de méditation et d’acquisition de rouah ha-qodesh ou « inspiration sainte » pour réfléchir si le qualificatif de « transe » peut s’y appliquer, notamment à travers la notion de ibbour ou « imprégnation » temporaire par l’âme d’un maître du passé.
Platon, Paul et les confucéens – Yves Vendé
Cette présentation propose une exploration comparative des phénomènes de transe, de possession ou de communication avec les esprits tels que relatés dans des textes de la philosophie platonicienne (Phèdre, Ion), des classiques confucéens (鬼神 et 禮) et des écrits du Nouveau Testament (Paul et l’expérience de la Ruah). L’objectif n’est pas de postuler une unité substantielle de ces expériences et encore moins de ces traditions, mais d’interroger les modalites différenciées par lesquelles elles habitent l’altération de la conscience, la médiation avec le divin ou le supra-humain. Dans un deuxième temps, cette communication réfléchira aux conséquences de ces différentes approches sur la conception du « moi » et sur l’autorité symbolique qui découle du passage par ces expériences.
Taoïsme et religion populaire en Chine – John Lagerwey
Dans l’Antiquité, avant de devenir le trait essentiel des cultes populaires en Chine, le culte des ancêtres était fondé sur la pratique de la possession. Dans un premier temps, le taoïsme s’est construit comme un « culte de la possession de soi » (self-possession), rejetant à la fois la possession et le sacrifice sanglant. Mais, à partir des Song, les taoïstes, influencés par le tantrisme, ont commencé à collaborer avec les médiums.
Dans une perspective comparatiste, comment comprendre la « révélation » de textes sacrés dans le taoïsme ? Peut-on le comparer aux prophètes de la Bible hébraïque ? Quand St Paul affirme, « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi », peut-on parler de « possession » ?
Avec ces enseignant(e)s :
60 % jeunes de moins de 30 ans
30 % demandeurs d’emploi
20% deux personnes composant le couple
(un justificatif pourra être demandé)